Chapitre 6 : La Martinique depuis 1946

rappel géographiques:

 

rappels historiques: chrono-simple

https://la1ere.francetvinfo.fr/archives-outre-mer-1946-adoption-loi-departementalisation-692504.html

https://www.gouvernement.fr/partage/9014-19-mars-date-anniversaire-de-la-departementalisation-de-l-outre-mer-en-1946

https://www.herodote.net/19_mars_1946-evenement-19460319.php

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/1946-2016-70-ans-de-departementalisation-341529.html

http://www.cgt-martinique.fr/syndicat-cgt-martinique-dates-historiques.asp

Chapitre  La vie politique française de 1946 à nos jours

 

Leçon 1           La vie en Martinique de 1946 à nos jours

Objectif: comprendre l’évolution du statut politique et institutionnel de la Martinique depuis 1946

I  – La Martinique en 1945 : une « vieille colonie » à statut particulier.

Après le départ de l’Amiral Robert, le 30 juin 1943, la Martinique retrouve le statut de colonie qu’elle avait avant la Seconde Guerre mondiale.

Elle porte officiellement le nom de colonie et a à sa tête un Gouverneur, qui représente le gouvernement français.

 Il a des pouvoirs considérables, bien plus importants que les préfets des départements métropolitains.

 Le Gouverneur dirige l’administration, l’armée, la justice et peut même établir des relations directes avec les pays voisins du bassin caraibéen.


Etant comme la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion, une « vieille colonie », la Martinique a pu bénéficier en 1848 et après, de certaines avancées démocratiques qui lui ont conféré un statut particulier au sein de l’Empire colonial français : suffrage universel masculin, élection de conseillers municipaux, généraux, députés, sénateurs, lois Jules Ferry sur l’école…

II/ De la colonie au département

1/ la départementalisation ou l’assimilation politique 

On peut dire que l’assimilation: volonté de vivre comme les français de métropole est en marche depuis un siècle (interdiction du créole à l’école, programme scolaires identiques à la métropole, cadre en costume cravate malgré la chaleur…) 

Pour  Aimé Césaire les antillais se sont battus lors des deux guerres pour la France et attendent à juste titre d’être reconnus comme des français.

Extrait Wikipédia :

Aimé Césaire, né le 26 juin 19131 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France (Martinique)2, est un écrivain et homme politique français, à la fois poètedramaturgeessayiste, et biographe.

Fondateur et représentant majeur du mouvement littéraire de la négritude — avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas —, anticolonialiste résolu, il mène en parallèle une carrière politique en tant que député de la Martinique et maire de Fort-de-France durant cinquante-six années consécutives, de 1945 à 2001.

 

doc1: Discours d’Aimé Césaire, 1946 pour l’assimilation par la départementalisation.

Nous considérons que seule l’assimilation résout les problèmes des vieilles colonies et répond à leurs besoins actuels… Si les Antilles et la Réunion ont besoin de l’as­similation pour sortir du chaos politique et administratif dans lequel elles se trouvent plongées, elles en ont surtout besoin pour sortir du chaos social qui les guette. Citoyen français comme l’habitant de Paris ou de Bordeaux, le Martiniquais par exemple, se trouve à l’heure actuelle aussi peu protégé que l’habitant de la forêt ou du désert contre l’ensemble des risques sociaux. Dans un pays à salaires anormalement bas et où le coût de la vie se rapproche très sensiblement du coût de la vie en France, l’ouvrier est à la merci de la maladie, de l’invalidité, de la vieillesse sans qu’aucune garantie lui soit accordée. Dans ces territoires où la nature s’est montrée magnifiquement généreuse, règne la misère la plus injustifiable.
Aimé Césaire, député de la Martinique. Extraits des débats du Parlement

 

En mars 1946, la loi de départementalisation des anciennes colonies d’Amérique est votée à l’unanimité, à l’initiative des députés d’outre-mer,  Léon Lepervanche et Raymond Vergès (La Réunion), Gaston Monnerville (Guyane), Eugénie Éboué-Tell (Guadeloupe), Léopold Bissol et Aimé Césaire (Martinique), Aimé Césaire étant le rapporteur de la loi. . Les Martiniquais obtiennent les mêmes droits politiques. La Martinique se dote d’un Conseil régional et d’un Conseil général.

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JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE 1*

LOI no 46-451 du 19 mars 1946 tendant au classement comme départements français de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane française.

L’Assemblée nationale constituante a adopté, le Président du Gouvernement provisoire de la république promulgue la loi dont la teneur suit :

·         Art. 1er. – Les colonies de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane française sont érigées en départements français.

·         Art. 2. – Les lois et décrets actuellement en vigueur dans la France métropolitaine et qui ne sont pas encore appliqués à ces colonies feront, avant le 1er janvier 1947, l’objet de décrets d’application à ces nouveaux départements.

·         Art. 3. – Dès la promulgation de la présente loi, les lois nouvelles applicables à la métropole le seront dans ces départements, sur mention expresse insérée aux textes. La présente loi, délibérée et adoptée par l’Assemblée nationale constituante, sera exécutée comme loi de l’État.

Fait à Paris, le 19 mars 1946
Felix Gouin.Par le Président du Gouvernement provisoire de la République : Le ministre de la France d’outre-mer, Marius Moutet. Le ministre de l’intérieur, André Le Troquer.

Les Martiniquais espèrent la fin des discriminations et l’égalité des droits avec les français de métropole.

photogreve1954

Les communistes qui avaient demandé l’assimilation sont très vite déçus devant les lenteurs du gouvernement à mettre en application les lois sociales en Martinique.

La lutte pour l’amélioration de la situation sociale se poursuit à travers de nombreux conflits (tout particulièrement en 1948, 1954 et 1956).

Les martiniquais doivent faire des grèves, descendre dans la rue et manifester pour obtenir par exemple les assurances maladie, maternité, invalidité, décès…en 1954, soit 9 ans après le 19 mars 1946.

Les discriminations de l’époque coloniale persistent : ainsi, les fonctionnaires martiniquais doivent faire 98 jours de grève en 1950 et 1953 pour obtenir les mêmes traitements que leurs collègues métropolitains mutés en Martinique (origine des 40%). Les préfets pratiquent en outre une répression féroce :

Comme le rappelle Aimé Césaire dès 1956, « l’égalité ne soufre pas de rester abstraite […]. Il n’y a pas de nationalité maigre 

IL quitte le Parti communiste Français (Lettre à Maurice Thorez du 24 octobre 1956), fonde son propre parti, le PPM en mars 1958 et adopte le mot d’ordre d’autonomie

Parallèlement la Martinique entre comme tous les départements français dans la CEE en 1957.

Les communistes parlent alors d’échec de la départementalisation, ils rejettent l’assimilation, transforment la Fédération du PCF en PCM. Ils revendiquent l’autonomie en 1960.

2/L’assimilation est aussi économique

En 1963, le gouvernement français créé le BUMIDOM, le Bureau des migrations des départements d’outre-mer, afin de soulager la région du fardeau démographique et de l’accroissement du chômage : le départ annuel de 10 000 Antillais vers l’Hexagone, afin d’occuper des fonctions subalternes dans la fonction publique (Postes, Télécoms & hôpitaux notamment), constitue une solution au manque de main d’œuvre en France pendant les Trente Glorieuses.

Malheureusement, cela n’amène rien de positif à la Martinique.

III/Du département à la région monodépartementale

1- La régionalisation.

Sous le gouvernement Messmer, La réforme régionale (loi du 5 juillet 1972), transforme les DOM en régions monodépartementales.
Le préfet est le chef de l’exécutif régional, ce qui renforce ses pouvoirs, et nous indique que nous ne sommes absolument pas encore dans une logique de décentralisation.

 2/la décentralisation

 

Les années 70 sont le théâtre de la montée de tensions politiques Les communistes  parlent d’échec de la départementalisation.


– Années 60-70 : s’opposent la droite gaulliste (UNR), départementaliste et la gauche (PCM et PPM), autonomiste.


– Années 70-80-90 : le paysage se diversifie avec la naissance d’un courant nationaliste (MIM, GRS, PALIMA, MODEMAS…) qui revendique l’indépendance.

Les  revendications indépendantistes connaissent un certain apaisement avec l’adoption de la loi de décentralisation du 2 mars 1982, qui fait de la Martinique l’une des 26 Régions françaises.

La décentralisation dont l’objectif est de transférer des compétences de l’Etat aux collectivités territoriales, est mise en œuvre par les socialistes avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981. Par les lois du 2 mars et du 31 décembre 1982, relative aux droits et libertés des communes, départements et régions, les Régions d’outre-mer deviennent des collectivités territoriales de plein droit.
Au total, la décentralisation marque un tournant historique dans l’évolution institutionnelle de la Martinique.

Un nouveau tournant va être marqué en 2014 avec la mise en place d’une collectivité unique aux compétences renforcées adoptée par la population martiniquaise par la voix du référendum en 2010

doc1: Discours d’Aimé Césaire, 1946 pour l’assimilation par la départementalisation.

Nous considérons que seule l’assimilation résout les problèmes des vieilles colonies et répond à leurs besoins actuels… Si les Antilles et la Réunion ont besoin de l’as­similation pour sortir du chaos politique et administratif dans lequel elles se trouvent plongées, elles en ont surtout besoin pour sortir du chaos social qui les guette. Citoyen français comme l’habitant de Paris ou de Bordeaux, le Martiniquais par exemple, se trouve à l’heure actuelle aussi peu protégé que l’habitant de la forêt ou du désert contre l’ensemble des risques sociaux. Dans un pays à salaires anormalement bas et où le coût de la vie se rapproche très sensiblement du coût de la vie en France, l’ouvrier est à la merci de la maladie, de l’invalidité, de la vieillesse sans qu’aucune garantie lui soit accordée. Dans ces territoires où la nature s’est montrée magnifiquement généreuse, règne la misère la plus injustifiable.
Aimé Césaire, député de la Martinique. Extraits des débats du Parlement

2/la décentralisation

Les années 70 sont le théâtre de la montée de tensions politiques Les communistes qui avaient demandé l’assimilation sont vite déçus devant les lenteurs à mettre en application les lois sociales. Ils parlent d’échec de la départementalisation.
– Années 60-70 : s’opposent la droite gaulliste (UNR), départementaliste et la gauche (PCM et PPM), autonomiste.
– Années 70-80-90 : le paysage se diversifie avec la naissance d’un courant nationaliste (MIM, GRS, PALIMA, MODEMAS…) qui revendique l’indépendance.

Les  revendications indépendantistes connaissent un certain apaisement avec l’adoption de la loi de décentralisation du 2 mars 1982, qui fait de la Martinique l’une des 26 Régions françaises.

La décentralisation dont l’objectif est de transférer des compétences de l’Etat aux collectivités territoriales, est mise en œuvre par les socialistes avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981. Par les lois du 2 mars et du 31 décembre 1982, relative aux droits et libertés des communes, départements et régions, les Régions d’outre-mer deviennent des collectivités territoriales de plein droit.
Au total, la décentralisation marque un tournant historique dans l’évolution institutionnelle de la Martinique.

Un nouveau tournant va être marqué en 2014 avec la mise en place d’une collectivité unique aux compétences renforcées adoptée par la population martiniquaise par la voix du référendum en 2010

doc1: Discours d’Aimé Césaire, 1946 pour l’assimilation par la départementalisation.

Nous considérons que seule l’assimilation résout les problèmes des vieilles colonies et répond à leurs besoins actuels… Si les Antilles et la Réunion ont besoin de l’as­similation pour sortir du chaos politique et administratif dans lequel elles se trouvent plongées, elles en ont surtout besoin pour sortir du chaos social qui les guette. Citoyen français comme l’habitant de Paris ou de Bordeaux, le Martiniquais par exemple, se trouve à l’heure actuelle aussi peu protégé que l’habitant de la forêt ou du désert contre l’ensemble des risques sociaux. Dans un pays à salaires anormalement bas et où le coût de la vie se rapproche très sensiblement du coût de la vie en France, l’ouvrier est à la merci de la maladie, de l’invalidité, de la vieillesse sans qu’aucune garantie lui soit accordée. Dans ces territoires où la nature s’est montrée magnifiquement généreuse, règne la misère la plus injustifiable.
Aimé Césaire, député de la Martinique. Extraits des débats du Parlement

 

 

 

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